Alejo Carpentier, un écrivain entre 2 rives…

Publié le par TerreHappy

D’un côté, les rives de la Havane, où il nait en 1904.

De l’autre, les rives bretonnes… de son père

ça, c'est pour la situation Géographique de ce poète talentueux qui nous entraîne dans ses livres à travers les forêts et les eaux de la planète.


Alejo CARPENTIER fait ses études à Cuba.

Journaliste dans l’urgence, à 20 ans, il fait face à la dictature du Pdt Machado à Cuba de 1925 à 1933.

Après un Manifeste contre la tyrannie de Machado,
il est mis en prison pendant 7 mois.

ça, c'est pour l'engagement décidé de ce passionné de magie et de musique qui écrit chaque livre comme une partition musicale inspirée qui semble n'avoir jamais de fin...
 

C’est Robert Desnos qui l’aide à s’en sortir, très poétiquement, sur une barque pour la France en 1928, où il rencontre des surréalistes : Queneau, Artaud, Prévert, Vitrac, Barrault, ...

 

De 1939 à 1959, il attend bien patiemment que le triomphe de la révolution cubaine fasse son œuvre pour retourner à Cuba, en animant des émissions culturelles radiophoniques avec Robert Desnos en France, puis... à la Havane, et enfin... à Caracas au Vénézuéla où il séjourne durant 14 ans.

 

Il ne cesse jamais d’écrire, de Madrid en 1933 où est publié son tout 1er roman « Ekoué-Yamba-Ô », à Paris en 1979 avec « la harpe et l’ombre », "le siècle des lumières", en passant par "le royaume de ce monde", "guerre du temps", traversé par « la musique à Cuba », « le partage des eaux », et « chasse à l’homme ».

 

Les dernières années de sa vie rejoignent les rives de France, puisqu’il est nommé ministre-conseiller de l’Ambassade de Cuba pendant 11 ans, jusqu’à sa mort en 1980.

TerreHappy

"Et ce que vous appelez mourir c'est
achever de mourir, et ce que vous
appelez naître c'est commencer à
mourir, et ce que vous appelez vivre
c'est mourir en vivant." (Quevedo:"les Songes")


"... (...)... Dans deux jours le siècle aura un an de plus sans que cette nouvelle ait la moindre importance pour ceux qui m'entourent en ce moment. On peut ignorer ici l'année où l'on vit, et ils mentent, ceux qui affirment que l'homme ne peut échapper à sont temps. L'âge de la pierre, de même que le Moyen Âge, s'offrent encore à nous à notre époque. Les demeures ombreuses du romantisme s'ouvrent encore avec leurs amours difficiles. Mais rien de cela ne m'a été promis, car la seule race humaine qui ne peut pas se détacher des dates est la race des créateurs d'art : non seulement elle doit dépasser un passé immédiat, représenté en témoignages tangibles, mais deviner encore le chant et la forme de ceux qui viendront plus tard, créant de nouveaux témoignages avec la pleine conscience de ce qui a été réalisé jusqu'à nous. Marc et Rosario ignorent l'histoire. L'Adelantado prend place à son premier chapitre et j'aurais pu rester à côté d'eux si mon métier n'avait pas consisté à composer de la musique, métier de fin de race.
Reste à savoir maintenant si je ne serai pas assourdi, privé de ma voix par les coups de marteau du garde-chiourme qui m'attend quelque part. Aujourd'hui ont pris fin les vacances de Sisyphe... (...)..." 


(Alejo Carpentier - Le partage des eaux - 1956 - extrait)


 

Publié dans MigrArts

Commenter cet article

Quichottine :0010: 25/02/2009 21:29

Je cherchais un endroit pour laisser un message... ce sera ici.Ces mots ne pouvaient que me plaire.Merci...et merci pour ce lien que tu as mis vers ma bibliothèque.