la marrante plante mutante super résistante

Publié le par TerreHappy

Dès 1980, des semenciers ont commencé l’affrontement face à Dame Nature, au point de créer le 1er gène de la résistance : Glyphosate.


Si bien qu’en 2006, 100 millions d’ha de plantes OGM avaient déjà été cultivées dans le monde, dont 75% de résistantes au Glyphosate désherbant total…

du genre : « là où Glyphosate passe, les mauvaises herbes trépassent ». 

Et effectivement, les graines ogm poussaient et se disséminaient en plein champ, tandis que les mauvaises herbes trépassaient sur le champ…

 

Et tous, semenciers, agriculteurs, cultivateurs et jardiniers étaient bien contents !

 

En 1997,  une revue spécialisée américaine Weed Technology avait même affirmé dans ses colonnes que "Les mutations qui confèrent la résistance au Glyphosate sont tellement complexes qu'elles ne sont pas susceptibles d'être copiées par la nature". »

 

Cependant, insidieusement, une résistance des plantes s’est mise en place inexorablement… mauvaises herbes contre Glyphosate !

 

Dès 2007, il a en effet été prouvé que des mauvaises herbes résistent depuis longtemps à ce désherbant Glyphosate

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique-1/d/dans-les-champs-dogm-les-mauvaises-herbes-font-de-la-resistance_12093/

« Des plantes sauvages ont développé une forme de résistance au glyphosate. Le phénomène ne s'est pas encore généralisé mais s'étend de façon alarmante, non seulement aux Etats-Unis, mais aussi au Brésil, en Argentine et en Chine, et surtout en Australie où les autorités considèrent que cette évolution deviendra un problème majeur d'ici trois ou quatre ans. »

 

 

Et si effectivement, Dame Nature avait plus d’un tour dans son sac de graines ?

Du genre : « là où la petite graine pousse, elle sème la zizanie »…

 

Et si à leur tour, des plantes sauvages se mettaient, elles aussi, en super résistance ?

 

à peine 2ans écoulés…

 

Nous sommes en 2009, et voilà déjà qu'une plante sauvage, l’Amarante, commence à faire parler d’elle :

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/botanique -1/d/ogm-la-menace-des-super-mauvaises-herbes-samp lifie_19036/

« Un gène de résistance aux herbicides a fait le grand bond de l’escalade à la résistance entre la graine qu’il était censé protéger et l’Amarante, une plante à la fois indésirable et envahissante… »

 

Les plantes parasites, sauvages et mauvaises herbes,  développent effectivement une forme de défense naturelle et mutent naturellement en cas d’agression !

 

 

 

L’amarante, la marrante pas marrante du tout pour les agriculteurs :

En 2004, un agriculteur du centre de la Georgie (à l’est des Etats-Unis) applique à ses cultures de soja un traitement herbicide au Roundup, ainsi qu’il en a l’habitude.

Il s’aperçoit que certaines pousses d’Amarante (Amarante réfléchie ou Amarantus retroflexus L.), une plante parasite, pousse très confortablement malgré l’herbicide…

Ce produit RoundUp est pourtant élaboré à partir de Glyphosphate qui est l’herbicide le plus puissant et le plus utilisé aux Etats-Unis.

 

Dès 2007, la situation s’était bien aggravée pour les cultivateurs : 5000ha de culture de soja transgénique ont dû être abandonnés en Georgie (Etats-Unis), et 50000ha d’autres cultures sont gravement menacées par cette sacrée Amarante, très enracinée et difficile à arracher, vu l’immensité des champs.

Les agriculteurs ont dû se servir de leurs mains pour déraciner l’Amarante.

 

Or, tous ces champs envahis d’Amarante avaient bien été ensemencés avec des graines de RoundUp Ready comportant une semence qui avait reçu un gène de super résistance au RoundUp.

 

 

Je me répète... mais pendant ce temps-là, l’Amarante triomphante prend ses aises et continue de s’étendre… Je la trouve bien costaude cette Amarante ; elle doit se sentir forte puisque je viens de lire qu’elle fait également partie des plantes victimes de la contamination par l’arsenic, comme la plupart des légumes à feuilles (épinards, choux, blettes, salades, etc…) (oups ! moins drôle pour nous les humains… qu’est-ce-qu’on va bien pouvoir manger si les feuilles de blettes et de salades sont pleines d’arsenic ?)

 

Et même, est-il dit, l’Amarante prolifère… « Chaque plante produit en moyenne 12.000 graines par an, et celles-ci peuvent rester en état de vie suspendue de 20 à 30 années avant de germer lorsque les conditions lui sont favorables. ».

Et comme elles sont profondément enracinées, elles sont très difficiles à arracher, je le répète, ainsi que de nombreux agriculteurs ont pu l’expérimenter en Géorgie, en Caroline du Sud et du Nord, en Arkansas, au Tennessee et au Missouri.

 

Un chercheur généticien l’explique :

« Il n’est nécessaire que d’un seul évènement (croisement) réussi sur plusieurs millions de possibilités. Dès qu’elle est engendrée, la nouvelle plante est titulaire d’un avantage sélectif énorme, et elle se multiplie rapidement, martèle-t-il. L’herbicide puissant utilisé ici, à base de glyphosphate et d’ammonium, a exercé sur les plantes une pression énorme qui a encore accru la vitesse d’adaptation. »

 

 

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/genetique-1/d/du-nouveau-dans-la-lutte-contre-la-dissemination-des-ogm_2071/

Pourtant, dès 2003, et malgré ce risque incontrôlable de dissémination, les semenciers ont continué de nouveau l’escalade :

« Si la proportion de cultures transgéniques ne cesse d’augmenter au Etats-Unis (cette année, le Département de l’Agriculture prévoit 38% de maïs et 80% de soja génétiquement modifiés), la crainte d’une dissémination des gènes des plantes manipulées grandit avec elle.

Pour parer ce risque, des chercheurs du Canada’s Eastern Cereal and Oilseed Research Center à Ottawa ont mis au point un système innovant mais qui reste pour l’instant de l’ordre de l’expérimentation.

Ils ont commencé à introduire dans certains plants de tabac un gène SL (pour Seed Lethality) empêchant la germination des graines, et dans d’autre un répresseur du gène en question.

Par croisement de ces deux types de plants, ils ont pu obtenir une descendance aux graines cette fois-ci viables, capable de se reproduire indéfiniment mais seulement par auto-pollinisation.

Car lorsque les plantes filles sont croisées avec du tabac normal, le gène SL et son répresseur sont séparés et les graines ne possédant plus ce dernier ne peuvent germer.

Réalisée en laboratoire, l'expérience n'est pas encore prête à passer en champs. La difficulté majeure consistera en effet à maintenir un taux de réussite de 100% au fil des générations. »

 

Face à Dame Nature, ces semenciers ont une fois de plus largement sous-estimé les grandes capacités d’adaptation et de défense des plantes, comme on peut le constater aujourd'hui…

 

 

 

Les disséminations d’OGM semblent à présent inéluctables et toutes les escalades et les nouvelles découvertes n’y pourront rien, puisque la boîte de Pandore a été ouverte :

OGM, retour à la source :

http://www.futura-sciences.com/fr/doc/t/genetique/d/ogm-un-tour-dhorizon-complet_223/c3/221/p1/

 

et aussi :

le 30/1/2004

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/genetique-1/d/ogm-pas-de-recette-miracle-pour-empecher-les-disseminations_3073/

d’après les informations données sur cet article :

« Selon un rapport rendu public par le National Research Council de l'Académie Nationale des Sciences, il est probablement illusoire d'espérer prévenir à cent pour cent les éventuels impacts négatifs des plantes et animaux génétiquement modifiés sur l'environnement et la santé humaine.

La plupart des techniques aujourd'hui envisagées afin d'empêcher la dissémination des gènes de ces organismes dans la nature en sont encore au stade du développement et n'apparaissent pas totalement efficaces.

On distingue deux types de méthodes : celles impliquant un isolement physique (élevages en bassin par exemple, ou cultures en serre) et celles dites de "bioconfinement".

Il peut s'agir alors de rendre stérile un animal transgénique en lui adjoignant un jeu de chromosomes sexuels ou par irradiation. Dans leur rapport, les experts recommandent que, lorsqu'un risque réel environnemental ou sanitaire existe (ce qui n'est pas toujours le cas), plusieurs méthodes soient employées plutôt qu'une seule et que leur mise en place soit prévue dès la phase de développement de l'organisme modifié et non après coup.

Ils conseillent également d'utiliser des cultures végétales non comestibles pour la production de molécules pharmaceutiques ou chimiques afin de les maintenir hors de la chaîne alimentaire. »

 

 

 

L’escalade perpétuelle :

 

et ça continue encore et encore… c’est que le début d’accord d’accord…

 

La Firme Monsanto, malgré qu’elle ne nie pas le problème, continue d’estimer « Lors d’une interview accordée sur la chaîne de télévision France24, Rick Cole, responsable du développement technique, que « ces super mauvaises herbes » (superweeds, un terme désormais souvent employé) peuvent être maîtrisées ».

« Pourtant, un communiqué émanant directement de la Firme annonce que les vendeurs incitent fortement les agriculteurs à alterner Roundup et un autre herbicide comme le 2-4-D (acide 2,4-dichlorophénoxyacétique). »

 

Infime espoir de changement de comportement à l'horizon :

puisque certains cultivateurs "envisagent de renoncer aux OGM et de revenir à une agriculture traditionnelle. Ainsi Alan Rowland, producteur et marchand de semences de soja à Dudley (Missouri), affirme que plus personne ne lui demande de graines Monsanto de type Roundup Ready alors que ce secteur représentait 80% de son commerce il y a peu. Aujourd’hui, la demande en graines traditionnelles est très forte et les grains OGM ont disparu de son catalogue.

 

Stanley Culpepper, spécialiste des mauvaises herbes à l’université de Géorgie, annonce que de nombreux agriculteurs américains sont en effet désireux de retourner à une semence traditionnelle, mais pas seulement à cause de la résistance des plantes parasites, car « l’utilisation des OGM devient de plus en plus chère et tout se joue sur une question de rentabilité », affirme pour sa part Alan Rowland."

Cependant cet espoir ne serait qu’une illusion perdue de plus vu le manque de statistiques et d'informations dont on dispose pour évaluer la relation entre semence ogm, nombre de plants résistants apparus et quantité d’herbicide utilisé :

« En 2008 en effet, alors que les media agricoles américains relataient de plus en plus de cas de résistance, le gouvernement des Etats-Unis a pratiqué d’importantes coupes budgétaires qui ont contraint le Ministère de l’Agriculture à réduire, puis arrêter certaines de ses activités.

Entre autres, le programme de recherches statistiques sur les pesticides et les risques associés aux produits chimiques sur des cultures comme le coton, le maïs, le soja et le blé est passé à la trappe, au grand dam des scientifiques. « Je ne serais pas surpris que Monsanto ait mené une campagne de lobby discrète pour mettre fin au programme », accusait alors Bill Freese, du Centre pour la Sécurité alimentaire des Etats-Unis (USDA), marquant publiquement son mécontentement. »

 

Ce serait tout de même un espoir infime de plus si l’Europe pouvait échapper à cette escalade…

La culture d'OGM résistants au Glyphosate y est théoriquement interdite.

Le continent européen représenterait-il la promesse d'un réservoir de plantes saines ?

Espoir abîmé une fois encore, car il conviendrait malheureusement de rester vigilant : « Christian Gauvrit, spécialiste des herbicides à l’Inra de Dijon explique que des cas de résistance locaux ont été constatés en certains endroits de France où ce désherbant aurait été utilisé (vignobles et oliveraies du bassin méditerranéen). »

 

 

Cette escalade à la résistance et à la rentabilité s’avère d’autant plus inutile et nuisible que les résultats finaux ne sont pas follichons concernant le rendement des culture ogm, "qui serait très faible, après 13 années de commercialisation, contrairement aux affirmations des semenciers"

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/genetique-1/d/cultures-ogm-le-gain-de-rendement-serait-tres-faible_18980/

le 17/4/2009

Les semenciers se sont donc bien engagés dans un processus dangereux d’escalade face à Dame Nature.

Leur dernière trouvaille de plantes OGM résistantes à un autre herbicide : le Dicamba.

Quand on apprend que ce petit dernier est encore plus toxique que le Glyphosate  (dont la dose létale est de 0,2 gramme) mais qu’il serait beaucoup moins efficace, il y a de quoi se poser des questions sur la cohérence et l’intelligence de ces trouvailles.

Quoique… si j’ai bien compris cet article, en matière de commercialisation, ce petit dernier pourrait simplement contraindre les agriculteurs à une utilisation à plus forte dose, et donc à encore plus de rentabilité financière pour les semenciers.


 

Pour ce qui est de Dame Nature, qui a plus d’un tour dans son sac de graines, espérons qu’elle continue à ne pas se laisser faire !

 

Quant à nous, soyons lucides, il est parfaitement inutile de se voiler la face :

Nous mangerons des salades ogm, nous consommerons des viandes ogm, et nous nous vêtirons d’ogm… sans même le savoir…



Foto_ogmfleurdecoton

 

Sans doute même muterons-nous ogm...

 

Quant à moi, tant qu’à muter ogm,  j’envisage sérieusement de muter en Amarante super marrante !!!

 

P.S. :

Note

"Le glyphosate  est commercialisé sous plusieurs noms, dont le plus connu est le Roundup. Il s'agit d'un herbicide efficace, pratique et sans doute moins dangereux que d'autres pesticides. Néanmoins, ses effets toxiques pour l'homme sont évidents, ainsi que les nombreux impacts négatifs pour la faune et la flore sauvages. Une étude effectuée en Californie, dans le programme de suivi des maladies causées par les pesticides, a démontré que les herbicides à base de glyphosate étaient la 3ème cause de maladie chez les
agriculteurs et la 1
ère chez les gestionnaires d'exploitation
."

(La source de cette note émane de Pan Belgium, un réseau regroupant plus de 600 ONG réparties dans le monde et dont le but est de lutter contre l'utilisation irrationnelle de pesticides dangereux.)

 

complément d’information :

Les Amarantes (ou Amaranthes) sont des plantes annuelles de la famille des Amaranthacées appartenant au genre Amaranthus, dont certaines espèces sont cultivées comme plantes potagères, pour leurs feuilles comestibles à la manière des épinards ou pour leurs graines, et parfois comme plantes ornementales pour leur floraison en épis spectaculaires.

Certaines espèces sont considérées comme des mauvaises herbes communes dans les champs cultivés.

 

Amaranthus vient du grec ancien Αμάρανθος, formé du privatif a-, « sans » et de maranthos, « qui se fane ».

L'amarante a donc la réputation de ne pas se faner. Certaines espèces sont d'ailleurs utilisées dans les bouquets secs.

 

Elle représente un symbole de l'immortalité.

« La culture d'Amaranthe remonte à un lointain passé (...) puisque des graines d'Amaranthes cultivées ont été découvertes dans les grottes de Tehuacan Puebla au Mexique et datées à 5500 ans.

Depuis très longtemps, diverses espèces d’amarantes sont cultivées pour l’alimentation en Asie, en Amérique et en Afrique. Ainsi, Amaranthus caudatus, A. cruentus et A. hypochondriacus jouèrent un rôle alimentaire important dans les civilisations Mayas, Aztèques et Incas. Depuis plusieurs millénaires, les graines ont été consommées grillées (comme le pop-corn) ou sous forme de farine tandis que les feuilles étaient cuisinées comme légumes verts. Ainsi que l'explique D. Guillet (2002, p. 373) : « La culture de l'Amaranthe fut à son apogée durant l'Empire Aztèque. Pour le peuple Aztèque, l'Amaranthe possédait une valeur nutritionnelle, thérapeutique et rituelle. » Après la conquête espagnole du Mexique, leurs cultures furent interdites car elles servaient dans divers offices religieux Aztèques. Du fait de cette interdiction et de la violente répression qui sévissait durant plusieurs siècles à l'encontre des jardiniers qui continuaient à cultiver cette plante, l'Amaranthe a, depuis le xxe siècle, presque totalement disparu de l'alimentation mexicaine, alors même qu'elle entrait auparavant dans la constitution de très nombreux plats aztèques (tamale, sauce, tortillas et boissons).

Sur le plan rituel, l'Amaranthe était la plante sacrée par excellence. Durant certaines fêtes religieuses, des figurines élaborées à partir de la pâte d'Amaranthe étaient offertes aux dieux du panthéon Aztèque et étaient parfois consommées lors de certains rituels religieux, rappelant le rite catholique de l'Eucharistie. (...) La valeur sacrée de l'Amaranthe suffit sans doute à expliquer que sa culture fut l'objet de répressions directes ou indirectes, de la part de la chrétienté désireuse d'extirper la vieille religion hérétique » (D.Guillet)

 

 

l’Amarante réfléchie (Amaranthus retroflexus) :

fleurs : couleur verte, inflorescence en épi simple

floraison : août-novembre

Graines : dissémination épizoochore (mode de dispersion des graines
par transport sur le plumage ou le pelage des animaux)

Habitat : friches annuelles

Répartition : cosmopolite
 

Publié dans MigraTransits

Commenter cet article

TerreHappy 25/05/2009 17:48

j'avais tout simplement oublié de cocher une case !

TerreHappy 25/05/2009 17:47

j'avais tout simplement oublié de cocher une case !

TerreHappy 25/05/2009 01:30

Les commentaires sont enfin revenus pour tous mes articles... SAUF UN : ils ne sont pas ravana pour mon article juste au-dessus : "LA MANIE DU BIRAPPORT" !une autre forme de manie : LA MANIE DU "NO COMMENT"...Bonne nuit à tous !