« J’AI TUÉ MA MÈRE » au cinéma !

Publié le par TerreHappy

CE FILM N’EST PAS UN FILM POUR LES ENFANTS, MÊME AU CINÉMA…

(VOIR LE POST-SCRIPTUM EN BAS D’ARTICLE)

ni un western, ni un film drôle, ni un film de science-fiction, ni un film d’épouvante…

 
« Mais j’étais un fils. Les fils ne savent pas que leurs mères sont mortelles »(Albert Cohen) 

Une citation énigmatique au-dessus du titre de ce film  « J’AI TUÉ MA MÈRE ».

Le problème dans les titres de la plupart des films d’aujourd’hui, c’est qu’ils annoncent un peu trop la marchandise ! ce qui leur donne ce petit côté « ostentatoire »...

 

J’ose annoncer la couleur tout de suite… ça va me permettre de passer au noir § blanc tout de suite :
 

Le noir :

Le titre n’est pas joli du tout.

La cote de censure du film est très mal choisie : « cote G : déconseillé aux jeunes enfants ».

 

Le blanc :

Pas d’erreur de casting, les acteurs sont bons.

Pas grand chose à redire au scénario qui coule de source bruyamment.

Le montage accumule une succession de scènes « sketchs » très vivantes, et certaines pourraient être filmées dans la vraie vie quotidienne.

Cela fait un tout un peu brouillon et cacaphonique parfois, mais je sais bien que cela ne coule pas de source tous les jours et que la vie n’est pas un long fleuve tranquille.

 

Le gris :

 

À défaut de ne pas savoir que sa mère est mortelle, et de savoir qu’elle lui tape sur les nerfs, beaucoup de cris pour pas grand-chose, quelques scènes violentes, et certaines choquantes j’en suis certaine pour certains, de la part de son fils.
 

Une ou deux scènes granguignolesques pour sauver tout ça (rares rires plutôt jaunes dans la salle), sans doute grâce aux dialogues savoureusement accentués des mots canadiens, vociférés dans ce film au titre bien inquiétant, en quelque langue que ce soit, et pour toute mère qui se respecte !

 

Certes, une vision assez lucide, comme l'ont écrit certains critiques, dans le sens où l’histoire est vécue et scénarisée par les yeux et l’esprit d’un enfant gâté/pourri de 16 ans, comme on dit.


Sa ré-assurance d’être aimé, tel qu’il est en train de devenir sans même savoir ce qu’il est en train de devenir, c’est-à-dire surtout imbuvable, transpire par tous les pores de sa peau.

 

Pour peu que le Parent qui sévit en chacun de nous passe le cap du mental rationalisé à la dure, style « Pas de ça chez nous ! », ou style laxiste « ces p’tits choux, tous des anges ! », il est possible d’être interpellé par ce film pour… y réfléchir.

Ému, jamais… même à la fin !
Je trouve « sa mère » bien courageuse et persévérante.

 

Dans le désordre, j’ai été choquée, bousculée puis interrogée par ce 1er film mené de main d’apprenti maladroit par un jeune cinéaste de 20 ans, sans doute doué mais gâté aussi sans doute aucun, mettant furieusement en scène cet « enfant » de 16 ans, par écran interposé de l’art cinématographique, quitte à placer les adultes que sommes tous censés devenir, devant nos grandes responsabilités et nos petites faiblesses quotidiennes.

Juste retour de bâton ? 

 

Le fait est, qu’en tant que mère, on a juste envie de lui filer plein de baffes à ce fils insolent, intrusif, provocateur, culpabilisant et manipulateur lui-même, qui accuse en criant sur sa mère de lui pourrir sa vie d’ado.

 

Bien que cela se passe dans une famille monoparentale, le père y est présent malgré son absence, ainsi que quelques autres personnages… Musset s’y emmêle même de ses citations poétiques, pour le plus grand bonheur du petit bonhomme très poète lui-même !

 

Et donc en plus, ce sale gamin de 16 ans est beau gosse, précoce, tête à claques, énervant, poète à ses heures, comme peuvent l’être tous les enfants à leurs heures ! ce qui n’excuse pas tout. Il en vient même à faire la vaisselle et la lessive pour parvenir à ses fins, c’est vous dire qu’il y met du sien…

 

Donc un enfant terrible pas si terrible que ça qui, tout en se remettant en cause après chacun de ses énervements hystériques (qu’est-ce qu’il ressemble à sa mère dans ces cas-là !) et de ses folles colères, s’installe en pause-ON face à sa mini-caméra, pour y re-cracher en copier/coller toutes ses tripes sentimentales, y re-déverser ses frustrations fantasmagoriques d’adolescent, et y re-déclarer son amour haineux « POUR SA MÈRE »…

 

De l’auto-psychanalyse sauvage, en somme…

 

On y  préfèrera peut-être ses rares poèmes, quoique…

 

SAUF QU’à certains moments, cependant, c’est bien le mot             « maman » en personne que l’on entend et qui l’emporte !

Car on finit par comprendre que si le fils veut tuer symboliquement sa mère, c’est pour continuer à mieux aimer sa maman de « quand il était petit sur les photos ». Dur, dur de grandir dans la réalité.

 

La réalité, justement, c’est souvent agaçant, elle nous rattrape tous quelquefois, pleine de malaises et de bobos que l’on gratte, parfois agressivement incompréhensible et injuste…

… et cependant, la réalité sonne toujours immanquablement juste, même entre faux-accords et désaccords.

 

Quant à la fin, grand calme plat face à la mer assis sur un rocher, et dernière pirouette en paroles § musique vieillottes après quelques musiques tonitruantes, elle surprend…

 

En sortant du cinéma, chacun est confirmé dans le fait qu’il sait qu’il y a une différence fondamentale entre ces 2 mots « mère » et « maman ».


Parce qu’on sait bien qu’à cet âge-là, ça leur écorche la bouche, à tous ces grands enfants plein de pudeur si impudique, dont nous avons accouché ou que nous avons adoptés, de prononcer ce mot de « maman », ainsi que d’assumer ce qu’ils deviennent, en admettant qu’ils en soient conscients et qu’ils le sachent à 16 ans...

 

Serais-je un peu dure ? Non, je suis sensible en diable, et qui plus est, je suis « mère » de 2 grands gaillards de fils, après avoir été moi-même la fille de ma mère…

 

Ça change tout ! et bien non, ça ne change rien strictement rien, fils ou fille...

 

Alors, à défaut de raconter l’histoire simpliste de ce film simple, comment vais-je bien pouvoir m’y prendre pour lui donner un autre éclairage un peu plus personnel ?

 

Il me semble que ce film s’adresse plutôt aux mères qu’aux enfants, puisqu’il y est question de la re-naissance douloureuse de  leur bébé « de quand elles étaient maman sur les photos », renaissance qu’elles peuvent soit accepter, soit refuser… Pourquoi pas ?

 

Pour commencer donc, je proposerais un autre titre :

« j’ai tué mon bébé »

rien qu’au cinéma… bien sûr !

 

Ah ! j’allais oublier le principal… surtout un grand bravo à « la mère », maman d’assez bonne consistance, mine de rien…

 

FILM : « J’ai tué ma mère », de Xavier Dolan (réalisateur, interprète, scénariste), 2009

http://www.youtube.com/watch?v=tDa0CkKjfsk

http://www.cinoche.com/films/6182

 

POST-SCRIPTUM :

 

CE FILM AURAIT DÛ ÊTRE SIGNALÉ « INTERDIT AUX MOINS DE 16 ANS » DANS LES SALLES DE CINÉMA, CELA SEMBLE SIMPLEMENT UNE QUESTION DE BON SENS, QUANT AU SUJET ET VU CERTAINES SÉQUENCES DU FILM.

 

JE M’INTERROGE DONC SUR LA SIMPLE « COTE G – DÉCONSEILLÉ AUX JEUNES ENFANTS » AFFECTÉE À CE FILM ???

 

IL SUFFIT JUSTE À NOS BRILLANTS CENSEURS DU C.S.A. DE REVOIR LEUR COTE, ET DE L’INTERDIRE AUX MOINS DE 16ANS !!!
à la télé ! 

« FÔ QUAND MÊME PAS EXAGÉRER DANS L’ESCALADE… »

 

 

 

Publié dans MigraRéflexions

Commenter cet article

micdartag 05/08/2009 16:49

Je n'ai pas vu le film et sans doute je ne le verrais jamais, mais je trouve la critique suffisamment bien faite pour vous faire comprendre;L'importance d'une mère pour l'éducation,l'importance d'une maman pour la formation et l'élévation du coeur.Bisous.

LEFEBVRE Philippe 28/07/2009 08:24

Pas très engageant, même pour les + de 16 ans.A ce sujet, je crois que ce n'est pas le CSA qui juge des films, sauf au moment de leur passage à la télé.Il y a généralement une commission de censure qui accorde un visa, une autorisation, avec une restriction éventuelle.That'all

TerreHappy 28/07/2009 10:37


CSA, oui... j'ai rajouté "à la télé" dans mon post-scriptum, pour que cela soit plus clair.

après le grand écran, il y a le petit écran...

merci pour cette précision