Un menu à la carte aux p’tits oignons ?
« l’AGRICULTURE : NOUVEL ENJEU MONDIAL »
inscrit en gras sur la plupart des cartes de notre quotidien, ce plat de résistance n’est pas très original, une fois de plus…
Après le spectre de la crise financière, entre autres spectres, voici venir le spectre de la crise agricole.
Attablez-vous, et prévoyez quelques fruits secs et une bonne marche digestive, car nous sommes tous bons pour de sérieuses crampes d’estomac :
Voici l’ardoise du jour :
« AURONS-NOUS TOUJOURS ASSEZ À MANGER DEMAIN ? »
Avouez que, pour un mardi gras, cette carte laisse sur sa faim… vu que les différents menus y sont savamment mixés à de petits plats empoisonnés, du genre :
- une population mondiale qui augmente plus vite que les rendements agricoles
- des dérèglements climatiques de plus en plus fréquents
- des récoltes perturbées
- une spéculation sur les matières premières qui déséquilibre le Marché
- l’eau et la terre arable se raréfient
- tempête et incidents climatiques sur les récoltes
- valse des étiquettes dans les supermarchés
- etc…
Après lecture, je me demande ce que je vais bien pouvoir me mettre sous la dent aujourd’hui…
Vu que l’heure de l’apéritif est déjà passée, je décide de m’attaquer aux hors d’œuvres :
Je goûte à peine aux carottes crues. Bien calibrées… les carottes sont cuites...
Le dernier Salon de l’Agriculture a beau se cuisiner pour nous cuisiner et nous faire cuisiner, j’ai du mal à avaler toutes ces toques en toc…
Tout agriculteur s’étant déjà muté en « agro-industrio-alimentàrien » tout vert, je sens bien que, dans l’air du temps, le tracteur de « La Grande Révolution Verte » (engrais et mécanisation à tout prix) est passé par là depuis longtemps.
Le plat dans l’assiette sera donc « carottes à la farce OGM » (vu que l’Afssa a estimé que les arguments mis en avant il y a 1an pour suspendre la commercialisation du Mon810 sont infondés)
Je sens une odeur de fumet "élimination systématique des contradicteurs" à plein nez, et ça donne envie de vomir…
C’est donc râpé pour les carottes !« FINI LE TEMPS DE L'ABONDANCE » sera le prix d’une lourde addition à payer pour ce « menu à la carte aux p’tits oignons » où nous avons déjà depuis longtemps plus de déchets dans nos assiettes et nos poubelles que d’aliments sains et naturels dans nos estomacs.
Je jette un coup d’œil sur le dessert. Il est franchement indigeste :
- Le XXIème siècle s’ouvrirait sur un contexte mondiale particulièrement instable
- les Chinois consomment de plus en plus
- la question alimentaire est le défi majeur de l’Humanité
- l’eau, un rapport alarmiste de pénurie pour une ressource rare
- les OGM, un sillon à creuser… (ça, c’est la cerise sur le gâteau !)
il est doucement signalé qu' "entre greniers à blé, nouveau Géant vert agricole brésilien, flambées des prix, et violentes émeutes de la pauvreté et de la faim au Mexique, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au VietNam,...", les experts en arrivent donc à faire cogiter leurs petites cervelles pour "compter combien il faudra d’agriculteurs demain en France, remettre timidement en cause le credo agro-libéral spéculateur...",… si, si… ils y tiennent… ils veulent, pour notre bien à tous, et sur la terre entière, à nouveau tout cuisiner à leur sauce, après avoir rendu toutes les recettes immangeables.
Et tout ça pour quoi ? me demanderez-vous…
Tout ça, est-il dit, « pour que l’Agriculture redevienne une priorité de la communauté internationale… la Banque Mondiale a fait son mea culpa… »
Mais que vient donc faire la Banque Mondiale dans la marmite du pot-au-feu ?
décidément, les mystères de la chimie agro-industrio-alimentaire sont insondables…Cependant, c’est beaucoup trop tard pour rattraper la mayonnaise… ! d'ailleurs, elle ne prendra plus... faut pas rêver !
Car s’il a été possible d’affamer plusieurs pays en 50 ans, il sera impossible de nourrir un seul pays avec autant de nouveaux défis à l’étouffé.
Et si tous les experts bien toqués s’accordaient enfin une période de diète ? s’ils cessaient un peu de planifier leurs recettes, de mettre nez et mains pleines de doigts dans nos assiettes ?
Nous pourrions tous en profiter pour changer, pour mettre nos mains à la pâte et nous remettre enfin à la terre et aux fourneaux !
Finalement, comme d’habitude, je ne prendrai pas de dessert…
J’ai toujours préféré rester sur le fromage : un bon vrai camembert bien à coeur qui pue et au lait cru…
Et, avec mon p’tit panier…
je vais concocter, pour toute la famille, un bon petit plat de résistance !
Si vous avez vos idées de recettes « maison », elles seront les bienvenues à partager !
(menu : Le Par. éco – L23/02/2009 – p.Une/2/3)