La méduse…
… une Belle de mer très résistante
Si toute méduse qui se respecte passe la totalité de sa vie à se prélasser le plus souvent dans les eaux de mer, quelques autres, plus rares, évoluent en eaux douces.
Quelle que soit l’eau dans laquelle elles baignent, la méduse joue un rôle encore mal compris mais certainement essentiel dans la régulation des populations de poissons et de zooplancton. L’origine évolutive de sa forme est encore mal définie.
Des recherches continuent intensivement à la Réunion et dans l’Océan Indien, pour observer et définir ces Belles de mer qui s’accommodent de tout depuis 600 millions d’années et qui se compteraient par centaines d'espèces différentes.
leur dimension peut varier généralement de quelques millimètres à plusieurs centimètres. En fait, la plus petite mesure
1 mm, et la plus grande peut aller jusqu’à 2 m de diamètre avec des tentacules de 4 m !
La méduse est plutôt une solitaire, ses mouvements sont lents et elle se laisse facilement entraîner par les courants. Mais lorsque les muscles de son ombrelle se mettent en action, intrigante, la méduse se propulse alors par bonds vifs et saccadés.
La méduse « nageuse » est très élégante pour ondoyer langoureusement dans les pleines eaux. Elle est couverte le plus souvent d’une coquette « ombrelle » transparente, en forme de cloche plus ou moins évasée, et dont le manche, un « manubrium », replié sous sa calotte, lui sert d’estomac et de bouche. Des pantalons à la french-cancan, bien culottés et cintrés à la taille sous l’ombrelle, l'habillent de tentacules.
Au fond des océans ou dans les cavités des récifs coralliens, ce sera plus difficile de rencontrer la méduse « marcheuse ». Cette dernière, à comportement « polype », dispose d’une ombrelle plus réduite, aplatie et de couleur opaque. Elle vit fixée sur le fond et ne peut pas se déplacer, sinon se contracter sans nager, ou se laisser dériver à la surface de sable, de corail ou d'algues.
En ce qui concerne les méduses dont l'organisation est simple, ou légèrement complexe, elles constituent les méduses "autonomes".
Elles sont généralement inoffensives, mais certains hommes y sont allergiques.
J’avoue avoir eu, un jour, une trouille aussi bleue que la couleur de la méduse sur laquelle je venais de plonger…
« Si vous sentez une douleur intense, semblable à celle provoquée par une décharge électrique puis que cette douleur s’étend, ne cherchez plus : vous venez d’être la proie d’une méduse. Surtout ne paniquez pas et rejoignez le bord en nageant doucement et en respirant. Car Si la sensation de brûlure peut se révéler douloureuse, la plaie est le plus souvent bénigne.
En cas de piqûre, commencer par se rincer avec de l’eau de mer. Retirez ensuite les filaments collés sur la peau à l’aide d’une pince à épiler.
L’astuce naturelle : Verser du sable sur la plaie et laisser sécher. Puis, gratter délicatement : le sable éliminera les cellules urticantes qui seraient restées collées à la peau.
Une fois rentrés, l’application d’une huile essentielle de lavande aspic est efficace grâce à son action anti-douleur.
La solution médicale : Appliquer un antiseptique sur la zone touchée, à tamponner avec un coton délicatement et surtout ne jamais frotter. »
Les méduses « urticantes » font partie des méduses les plus évoluées.
Fascinantes, elles paralysent et étouffent leur proie grâce à des cellules remplies d'une substance urticante disposée dans leurs tentacules.
Grandes prédatrices, les méduses urticantes peuvent parfois s’avérer mortelles pour l’homme qui est aussi son plus grand prédateur, étant donné qu’elle est largement consommée depuis très longtemps dans plusieurs pays d’Asie.
Elles trouvent également quelques autres ennemis prédateurs, tels la Tortue Luth qui les suit patiemment dans leurs migrations. Elle en raffole pour son goûter.
Tout comme l’anémone de mer, plutôt du genre cannibale, celle-là, puisqu’elle est de la même famille que la méduse !
Quant au thon rouge qui en est très friand aussi, surpêché par l’homme et en voie de régression dans plusieurs zones, il a de plus en plus de mal à jouer son rôle de régulateur sur les pullulations de bandes de méduses, favorisées en plus par l’augmentation de la température de l’eau.
Il semble bien en effet qu’un déséquilibre écologique, lié aux effets combinés du réchauffement et de la pollution, participe à cette recrudescence de méduses.
... une pullulation de méduses
Ces pullulations cycliques de méduses, outre qu’elles peuvent poser de sérieux dangers pour la baignade et la plongée sous-marine, peuvent également parfois causer d’importants dégâts sur les centrales nucléaires, usines, piscicultures et pêches marines.
« Depuis août 2005, en Mer du Japon, au large du Japon, de la Chine et de la Corée du Sud, on assiste à la spectaculaire augmentation d'une méduse géante autrefois peu commune - Nemopilema nomurai - et pesant jusqu'à 220 kg pour une taille atteignant 2 mètres. Jusqu'à 1 000 de ces méduses ont été trouvées dans un seul filet (où elles y empoisonnent ou asphyxient les poissons par écrasement). Tandis que certains pêcheurs dénoncent la disparition d'environ 80 % des poissons de mer, les filets craquent sous le poids de méduses, dont certaines gigantesques (2 m de long et 200 kg environ) qui se seraient anormalement développées dans une eau enrichie en nutriments et appauvries en prédateurs de méduses. ».La disparition d'une seule chaîne de prédateurs, ainsi que les pollutions, peuvent avoir de graves conséquences sur le maintien de l’équilibre et de l’évolution naturelle de tous les êtres vivants sur la planète.
« Lorsqu'elles se déposent par dizaines de milliers sur les plages où elles meurent, ces invasions de méduses sont classées parmi les pollutions naturelles.
Les pullulations de méduses posent des problèmes identiques à ceux occasionnés par les chenilles processionnaires (pour leur caractère urticant/allergène), et par les criquets pèlerins pour les dégâts dévastateurs qu'ils provoquent. »
... Une méduse échouée
Si ce déséquilibre persiste, les méduses s’en sortiront…
Leur principale nourriture ?
Le zooplancton, 1er maillon de la chaîne alimentaire, qui se développerait à vitesse grand V grâce à tous les nitrates, phosphates et engrais agricoles dont nous avons saturés les eaux.
L’article du Point sur ces Belles de mer semble particulièrement inquiétant :
« Reléguées en bas de la classification des espèces, dépourvues de cerveau mais équipées d'yeux, capables de s'autoréparer lorsqu'elles sont blessées, les méduses font preuve depuis 600 millions d'années d'une incroyable capacité d'adaptation. Prenez la pollution des océans. Là où les poissons tournent de l'oeil, c'est une aubaine pour les cnidaires. « Plus les eaux sont polluées, mieux les méduses se portent », constate Jacqueline Goy.
Explication : le zooplancton, inscrit à leur menu, prolifère. »
http://www.lepoint.fr/actualites-societe/la-revanche-des-meduses/920/0/221542
Les dernières recherches et observations sur les migrations en masses de ces Belles de mer nous apprennent que la méduse est un animal en pleine mutation, et que ces invasions ne seraient pas prêtes de s’arrêter...